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L'alliaire officinale : un couvre-sol envahisant!

9/4/2026

 
L’alliaire officinale (Alliaria petiolata) est une plante herbacée vivace pouvant atteindre un (1) mètre de hauteur. Ses feuilles sont triangulaires, légèrement dentelées et dégagent une odeur caractéristique d’ail lorsqu’elles sont froissées. Ses fleurs blanches, petites et groupées, apparaissent au printemps et en été. La plante se propage par ses graines (un individu peut en produire jusqu’à 900) et peut former des colonies denses. C’est une espèce de plante dite bisannuelle, indiquant que son cycle de vie dure deux ans : dans la première année, une rosette basale se forme, composée de feuilles seulement, puis, dans sa deuxième année, une tige florale pousse verticalement pour produire les fleurs et puis les graines.

D’où vient-elle?
Exotique en Amérique du Nord, l’alliaire officinale est indigène d’Europe, d’Asie et du nord de l’Afrique. Cette plante a été introduite en raison de ses usages alimentaires et médicinaux. La première mention historique d’alliaire au Québec date de 1895.
 
Pourquoi cette espèce pose-t-elle problème?
L’alliaire officinale envahit l’habitat des plantes indigènes en formant des tapis denses sur le sol. Comme elle garde ses feuilles même durant les saisons froides, sa période de croissance est plus longue que la majorité de la végétation forestière. Sa présence réduit la diversité des plantes locales et peut empêcher la régénération des arbres et arbustes. Elle produit un grand nombre de graines qui facilitent sa dispersion dans les forêts et les jardins. De plus, la plante sécrète un composé chimique qui altère la chimie du sol, le rendant inhospitalier pour des espèces fongiques importantes pour le sol forestier, nuisant ainsi à l’environnement des plantes indigènes; cette lutte chimique naturelle est un phénomène nommé allélopathie.

Milieux touchés dans la région
On la retrouve principalement dans les :
  • sous-bois de forêts et lisières;
  • bords de sentiers et de routes;
  • jardins et terrains perturbés;
  •  bandes riveraines;
  • friches et trouées en forêt.

Ces milieux sont propices à sa propagation et à l’établissement de colonies denses.
 
Ne pas confondre
Certaines espèces de plantes indigènes (qui sont présentes naturellement dans notre région) peuvent être confondues avec l’alliaire officinale. Parmi les plus fréquentes :
  • Asaret du Canada (Asarum canadense);
  • Circée du Canada (Circaea canadensis);
  • Benoîte du Canada (Geum canadense);
  • Violettes (Viola sp.).
 
Puisque l’identification des plantes s’apprend et se pratique, mieux vaut s’assurer d’avoir identifié une espèce végétale correctement avant de procéder au contrôle des plantes exotiques envahissantes. N’hésitez pas à partager des photos de plantes suspectes avec notre équipe de restauration des milieux naturels si vous souhaitez confirmer l’identification.
 
Pour permettre l’identification, des photos de plusieurs parties de la plante nous aideront :
  • Feuille (dessus, dessous);
  • La plante dans son ensemble;
  • La tige et/ou les bourgeons;
  • Les fleurs, les fruits (lorsque possible).

Principes de gestion et de contrôle

Les méthodes recommandées pour limiter l’expansion de l’alliaire officinale comprennent :
  • l’arrachage manuel des plants avant la formation des graines (il faut bien enlever la racine, sinon le plant peut repousser la même année);
  • dépôt des résidus dans des sacs à ordures robustes destinés à l’enfouissement;
  • plantation de végétation indigène pour restaurer le couvert végétal et limiter la repopulation par les graines;
  • nettoyage des outils et des bottes après le contrôle.

L’opération doit être répétée sur plusieurs années (les graines pouvant rester en dormance dans le sol pendant plus de dix ans). 

À retenir
L’alliaire officinale se propage rapidement et forme des colonies qui réduisent la biodiversité du sol forestier. La gestion consiste à retirer les plants et à restaurer les habitats avec des plantes indigènes.
 
Nos partenaires pour le contrôle de cette plante exotique envahissante
Ville de Bromont, Fondation de la Faune du Québec, Ville de Granby, Conservation Espace nature Shefford et Isabelle Charest, députée de Brome-Missisquoi.
 
Sources principales
  • Lavoie, C. (2019). 50 plantes envahissantes : protéger la nature et l’agriculture. Les Publications du Québec, p. 94-99
  • Invasive Species Centre (Canada)
  • Sentinelle des PEE – Québec

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