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Imaginez la scène : l’entièreté du sol dans le sous-bois est recouverte d’une seule et même espèce de plante ornementale. Catastrophe! L’ail des bois et les beaux trilles qui pousseraient normalement au printemps sont étouffés par un véritable filet vivant, une compétition féroce qui ne laisse aucune chance à la végétation naturelle de s’épanouir. Tout ça, parce qu’on a jeté quelques mauvaises herbes à l’orée du bois après une session de jardinage… C’est la triste réalité de nombre de forêts bordant des terrains résidentiels ou de villégiature. Dans aucun cas n’a-t-on vu de mauvaises intentions des jardiniers; c’est plutôt une ignorance innocente qui peut avoir des conséquences sur la biodiversité. Explorons ensemble les causes et les solutions de l’envahissement des sous-bois par les plantes exotiques envahissantes couvre-sols horticoles. Les principaux suspects L’égopode podagraire (Aegopodium podagraria), le lamiers jaune (Lamium galeobdolon) et pourpre (Lamium purpureum), la petite pervenche (Vinca minor) et l’alliaire officinale (Alliaria petiolata) sont les espèces les plus communes qui envahissent les boisés. D’autres espèces, moins agressives, sont néanmoins envahissantes : le lysimaque nummulaire (Lysimachia nummularia), les pulmonaires (Pulmonaria spp.), le pachyssandre du Japon (Pachysandra terminalis) et la bugle rampante (Ajuga reptans). Les sources d’invasions Rares sont les sous-bois envahis loin des habitations. Les espèces mentionnées ci-dessus sont utilisées dans les aménagements paysagers (à l’exception de l’alliaire officinale, qui vient plutôt du potager). Trois comportements fréquents favorisent l’expansion de ces espèces dans un milieu naturel :
Quelles solutions alors? Maintenant que l’on connait la provenance des envahisseurs, comment fait-on pour éviter que ça ne se produise chez soi? D’abord, éviter : c’est ce principe qui coûte le moins en termes d’efforts, de temps et d’argent. On peut apprendre à apprécier les espèces sauvages qui habitent nos terrains ou choisir des espèces de plantes indigènes appropriées au contexte local dans lequel elles s’insèrent et ainsi participer à la biodiversité avec nos aménagements. Ces plantes serviront à plaire à nos sens, mais aussi de refuge et de source d’alimentation pour la faune qui dépend des écosystèmes d’ici. Rappelons-nous que la chaîne alimentaire et les habitats naturels sont comme une toile dans laquelle sont interreliées les espèces et leur environnement; elles dépendent les unes des autres pour leur santé et leur bien-être. Ensuite, restaurer : s’il est trop tard et que notre aménagement paysager a déjà débordé dans le milieu naturel adjacent, l’idéal est de prendre les choses en main et de réparer les dégâts du mieux que l’on peut. La plupart des espèces exotiques envahissantes présentées peuvent être retirées à la main, ou à l’aide d’outils de désherbage. C’est un travail de patience, mais c’est mieux que de ne rien faire du tout. Retirer les plantes exotiques envahissantes laisse le sol perturbé, alors vaut toujours mieux planter des espèces indigènes qui servent de remplacement à celles que l’on a retirées. Recouvrir le sol à nu de paillis de BRF (bois raméal fragmenté ou copeaux de bois) naturel ou de feuilles mortes (s’il nous en reste de l’automne), le protège de l’érosion et de l’assèchement. Les défis du contrôle et du suivi des plantes exotiques envahissantes Quand on parle de retirer les plantes exotiques envahissantes, on utilise souvent le mot « lutte », impliquant un effort; mais pas toujours physique. Les espèces de plantes présentées ici sont championnes de la survie, elles tolèrent des conditions de croissance difficiles et possèdent des capacités de régénération exceptionnelles qui leur permettent de rebondir d’attaques répétées! C’est une de nos expertises et nous sommes outillés pour vous conseiller pour des actions qui mettent les chances de succès de notre côté! La persistance et la connaissance des stratégies de survie des plantes exotiques envahissantes sont les clefs pour une lutte victorieuse!
La biomasse que l’on retire devrait être mise dans un sac à ordures robustes et envoyé à l’enfouissement (déchets domestiques), évitant ainsi que de nouvelles colonies naissent de nos efforts de notre lutte. Toutes les opérations d’arrachage devraient faire l’objet de suivis périodiques (idéalement quelques semaines ou mois plus tard). Une fois par année, minimalement, on devrait retourner au site de contrôle et tenter de repérer et retirer les repousses, pour enrayer la reprise de la colonie. En tout temps, recouvrir le sol (éviter de le laisser à nu) avec des feuilles d’automne ou du paillis BRF) et restaurer à l’aide de plantes indigènes qui reflètent les écosystèmes locaux consiste en une stratégie gagnante pour aider à la « guérison » d’un secteur envahi contrôlé. Avec de la chance, la faune aidera aussi à restaurer les lieux; les écureuils, les tamias et les geais sont des planteurs d’arbres entreprenants! Nos partenaires de projets Les municipalités sont particulièrement sensibles aux problèmes liés aux plantes exotiques envahissantes, puisque l’envahissement d’espaces publics peut représenter des enjeux de sécurité ou avoir des impacts économiques. Nous tenons à remercier la Ville de Bromont (partenaire depuis au moins cinq ans) et la Ville de Granby (partenaire depuis plus de dix ans), qui nous ont demandé de dresser un portrait des plantes exotiques envahissantes sur leur territoire et de concevoir des plans de gestion des colonies prioritaires sur des lots municipaux. « Je fais ma part » Si vous souhaitez agir chez vous, assurez-vous de le faire avec les meilleures connaissances. N’hésitez pas à nous contacter pour obtenir de l’information complémentaire ou pour vous aider à apprendre à identifier et différencier les plantes exotiques envahissantes des plantes indigènes à notre région. Sources :
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